Gochavank
Le monastère vu du bas de la colline
Aghitou
Une pierre tombale
Makaravank
Église principale • Motif polylobé
Edjmiadzin
Église Shoghakat • Détail de la façade ouest
Noradouz
Le troupeau qui rentre au village
Kobayr
Visage du Christ de l'abside
Sevan
L'église des Saints Apôtres et le lac
Gochavank
Tympan • Chapelle de l'Illuminateur
Tatev
Motif sur le tambour de la coupole
Areni
Pierre tombale près de l'église
Ererouk
Restes de la façade
Yovhannavank
Église St-Jean-Baptiste • Le tympan, parabole des vierges
Noradouz
Détail d'un khatchkar
Haghbat
Église St-Signe • Les donateurs, Sembat le roi et son frère Gourguen
Tegher
Croix sur les pierres de la façade
Geghard
Des femmes vendant leurs gâteaux
Ketcharis
Le bac à bougies
Bjni
L'église Saint-Serge
Moro dzor
Chemin dans le village
Erevan
Manuscrit au Matenadaran

Terre perdue
dans l'entre monde
peuple dispersé
comme jamais témoin
de notre devenir.


Terre précaire
depuis toujours
entre la résistance
et l'universel.

Un choix de miniatures conservées au Matenadaran, datant de 989 au XVIIe siècle, avec l'éclairage du conservateur du Musée des Beaux-Arts d'Erevan, Lydia A. Dournovo

Le Matenadaran, l'institut de recherche sur les manuscrits à Erevan, dispose d'un fonds de plusieurs milliers de manuscrits enluminés. Quand ce livre paraît en 1960, c'est une des premières fois qu'une sélection de ces miniatures est publiée hors de l'Arménie. Cette première fois est une réussite éditoriale : presqu'un demi-siècle après sa parution, les reproductions en couleur, chacune collée sur les pages du livre, ont gardé une étonnante fraîcheur.

L'art arménien de la miniature date sans doute des Ve ou VIe siècles, dit l'auteur dans son introduction. Deux tendances cohabitent. Un art ornemental simple, avec peu de personnages, et des matériaux bon marché : une peinture spontanée de moines pour les gens dont ils partageaient la vie. Et puis l'art des grands monastères, commandité par des personnalités religieuses ou civiles de premier plan, où l'on emploie l'or souvent, où le propos artistique est plus fouillé. Evidemment, la production a suivi les fluctuations de l'histoire, mais la Cilicie a été un lieu de création remarquable, tout autant que l'Arménie orientale. Le livre présente aussi des exemples de miniatures exécutées en Crimée ou à la Nouvelle Djoulfa à Ispahan.

Quatre-vingt quatre planches grand format sont commentées dans un texte de quelques lignes, qui situe le style, la structure de la miniature, son contexte, ceci dans une progression chronologique. Les manuscrits importants sont représentés par plusieurs planches et c'est là une initiative judicieuse, qui permet au regard un vrai parcours dans quelques oeuvres. Ainsi, quatre planches pour l'Evangile de 1038, où l'on se perd dans l'admirable des visages peints d'un trait fin, presque gracile, et qui livrent pourtant de cette trace minime une extrême puissance d'expression.

Tout serait à décrire, mais les mots sont vains, qui ne donnent qu'à pressentir l'ampleur des images. Feuilleter ce livre, s'attarder sur les détails, les traits, les couleurs, c'est se laisser enchanter par ces oeuvres, comme lorsqu'on regarde les originaux, à travers les vitrines, au Matenadaran d'Erevan.

Miniatures arméniennes
Lydia A. Dournovo
Editions Cercle d'Art (1960)
192 pages, 25 cm x 32,5 cm