Les hommes parcourent la terre, leur existence,
ils sont après l’enfance émerveillée
ballottés dans leur solitude
ils suivent à tâtons leurs désirs
à quoi s’accrochent-ils vraiment ?
Les hommes vont sans savoir
c’est un visage qui les émeut dans la lumière
ils essaient de le garder
de le suivre au gré des paroles, des bienveillances,
qui sait vraiment le chemin ?
La vie s’accroche aux corps, la vie trace
comme une écriture dans les chairs
qu’on ne sait pas résoudre
on voudrait la reprendre, raturer quelque peu
les erreurs naïves qu’on ne devine toujours qu’après.
Les hommes vont d’un visage à l’autre
dans la quête éperdue d’un instant d’éternité
la fulgurance de la fraternité
ce qui s’échappe toujours
dès qu’on l’approche.
Qui sait vraiment le désir,
ce qui les entraîne
ce qui leur fait toucher ce paysage,
ce visage plutôt qu’un autre
ou ce jardin où l’on voudrait voir
tout repousser, tout refleurir
à même le bonheur soudain
tracé dans l’herbe ?
Les hommes traversent l’existence
avec comme viatique quelques images de l’enfance
ce qui venait de la tendresse
et qui rendrait le monde simple,
et fertile,
ce qui donnerait aux visages
leur transparence première,
et tout alors aurait été dans l’évidence
un voyage allégé, multiplié,
la broderie sans fin des mains ensemble,
sans comprendre pourquoi cela s’enfuit
et les voilà dans leur solitude
amenuisés chacun, perdus
guettant à jamais l’espoir en lambeaux.
Écriture le 20/11/25