Nous nous tenons par la main
par le regard
par le chatoiement des visages
par la ténuité du vivant partagée sur le monde.
Tu marches près de moi
l’ombre de nos silhouettes va grandissante
L’impression, maintenant, que tout peut arriver, que le monde est comme en suspens, proche d’un point de bascule, peut-être même d’une rupture irréversible où les nations vont s’engouffrer.
D’où j’écris, l’horizon laisse voir la lumière
à travers les collines et les rideaux de pluie
bientôt le printemps et la nature en amour
qui va reprendre le cycle des vies précaires et tenaces.
C’est un édifice très ancien blessé par le feu et qu’on a reconstruit par des milliers de mains, pour en révéler de nouveau la grandeur.
C’est dans une petite salle de l’hiver, tout près d’une autre où elle repose, cette amie qui vient de s’en aller de la vie.
Peur des douleurs, peur de la mort
peur des jours amenuisés qui s’en viennent
peur banale de l’âge
Pluie d’hiver, tout le jour. La pluie fait le gris sur le monde, je vois au loin le rideau d’arbres qu’elle efface presque.
La lumière de l’hiver
comme une révélation
C’est l’automne. Dans cette terre à l’écart
des villages de Saintonge,
C’est un cyclone qui passe sur une île et qui dévaste tout ce que les hommes ont bâti là, c’est une voiture qui fonce dans la foule et fait grandir la mort sur son passage
Une femme sourit,
et c’est l’évidence soudain, l’avenir offert du monde,
La douce ballade des instants dans la mémoire,