La pluie fait un refuge, elle maintient les distances,
la pluie protège
dresse un abri contre toutes les terreurs
quand on l’écoute, dans ses vagues de rythmes.
La pluie vient du mitan du monde,
des contrées plus lointaines que la parole,
et l’on pense que sa musique fait l’espérance
de la vie qui pourrait venir
sans cruauté, la vie pacifiée
comme on l’imagine dans l’enfance,
quand on est à l’abri dans la maison
et que la pluie frappe les vitres.
Comment vivre à l’unisson
de toutes les pluies, de toute l’humanité,
comment vivre le regard toujours bienveillant
au-delà des douleurs, de ces temps en morceaux,
du règne des puissances tristes ?
J’écoute la pluie, l’apaisement sur les jardins
sur les fronts des enfants,
eux qui puisent en elle leurs chants, leurs aventures
et l’on se dit soudain que tout est à portée de main,
que la fragilité du refuge restera là toujours
mouillée des rêves enfantins
et qu’ils continueront à faire les rivières des vies.
Il n’y a rien que ce peu de douleur à franchir,
ce peu de solitude à prendre avec soi,
à déplacer un peu, ce peu de regard à tourner
vers la lumière et vers la pluie
sans que l’on sache vraiment ce qui coule
entre les doigts, entre les corps,
qui fait l’écriture dans l’âme du monde.
Écriture le 12/05/25