Hinggi kombu, l'arbre à crânes, ikat chaîne
Kaliuda, Sumba, Indonésie
Fresques de l'abside
Kobayr (Arménie)
Il n'y a jamais...
Poème (Rémy Prin)
Pua kumbu, ikat chaîne
Iban, Sarawak, Malaisie
Carré du marais
St-Hilaire la Palud
Les églises du monastère
Noravank d'Amaghou (Arménie)
Coiffe de deuil
Mazières sur Béronne
Voussure du portail
Foussais
Saintongeoise
Détail de la coiffe
Détail d'un khatchkar
Gochavank (Arménie)
Visage
San Juan de la Pena (Aragon, Espagne)
Panneau de soie, ikat chaîne
Boukhara, Ouzbékistan
Motif à l'araignée, ikat trame
Okinawa, Japon
Tissu de flammé, ikat trame
Charentes, France
Détail d'une robe, ikat chaîne
Urgut, Ouzbékistan
Détail d'un sarong, ikat chaîne
Sikka, Flores, Indonésie
Bestiaire au portail sud
Aulnay
Nous tentons...
Poème (Rémy Prin)

Ce qui a duré
dans la mémoire des hommes,
ce qui fait culture,
paysages de la terre
ou pays de l'esprit,
ce qui peuple le voyage,
les vies, la plénitude,
le patrimoine, ce n'est rien
que ce lien fragile
de ce que nous sommes
à ce que nous devenons.

Afffiche Pres  Une exposition et un livre à la découverte des costumes des campagnes et des villes, de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe siècle.

Un partenariat entre le Musée des Cordeliers de Saint-Jean d’Angély et Parole & Patrimoine… Des costumes et leurs accessoires en provenance de trois collections des membres de l’association, pour montrer l’évolution du monde, à travers le prisme des vêtements, et les jeux d’influence entre le local des villages et le global des villes.

 Un livre pour comprendre, une exposition longue durée pour voir
et s’imprégner de la magnificence des costumes durant 150 ans.

 Trois collections

Parole & Patrimoine a la chance de compter parmi ses membres trois collectionneurs : Annick Georgeon, Marie-Claire Lemaistre et Pierre Couprie ont rassemblé patiemment, depuis plusieurs décennies, des costumes entiers et parfois de simples éléments, qu’ils ont collectés principalement dans les villages du Poitou-Charentes, mais aussi dans les villes du Sud-Ouest et pour une petite partie dans des ventes spécialisées.

L’ensemble couvre une période qui va de 1770 à 1915 principalement, et donc un bouleversement crucial du monde, de l’Ancien Régime à la révolution industrielle et l’économie tenue par la bourgeoisie. À elles trois, les collections contiennent plus de 3000 costumes et éléments de costumes, comme des tabliers, des jupons, des châles et fichus, des gilets, des coiffes, des chapeaux et autres accessoires, des cages à crinolines, des bourrelets, etc. Il faut y ajouter une collecte importante de gravures de mode anciennes, de premières cartes postales et photos.

On n’a pas besoin d’être spécialiste des costumes, pour se rendre compte, à la vue détaillée de tous ces éléments, combien ils sont divers et parents à la fois, révélant une profusion dont on se demande ce qui l’organise et la fait évoluer. C’est de cette question qu’est né ce projet.
5 13 Habit gentilhomme

Une perspective

Des costumes pour lire le monde, c’était un objectif bien prétentieux, et modeste à la fois, car, une fois les costumes mis en chronologie (ce qui n’est pas toujours une mince affaire), on repère assez vite des phénomènes lisibles. Par exemple, la simplification radicale et assez rapide des costumes d’homme au XIXe siècle : finie l’ostentation, finies les couleurs chatoyantes… les hommes renoncent à s’habiller vraiment, comme ceux d’avant. Autre exemple, celui du corps des femmes : la Révolution le libère un moment – c’est le temps (à Paris seulement) des Merveilleuses – mais très vite, on le contraint comme sous l’Ancien Régime, y ajoutant à travers la crinoline et sa cage un incroyable harnachement. La silhouette n’a plus grand-chose à voir avec la réalité mais les belles images fascinent…

Dès lors, la question se pose du pourquoi de ces phénomènes, de ce qui les sous-tend dans le mouvement du monde. Ce mouvement est un profond bouleversement sur la période qui nous concerne, car la révolution n’est pas que politique, elle est industrielle, sociale, elle ébranle toute la société, même si ces changements prennent place dans le temps long de tout le XIXe siècle, tant on essaie aussi de restaurer les temps d’avant – le Second Empire recherche encore, à travers les costumes féminins, la grandeur des robes des princesses de la cour du roi.

Lire le monde à travers les costumes, c’est la ligne de vue de ce projet et c’est donc donner à voir les relations – on pourrait dire la confrontation – entre ce qui relève du local, les tenues et les manières de s’habiller dans les villages, et ce qui tient du global, les costumes et les apparences des lieux de pouvoir dans les villes et singulièrement Paris qui dicte le mouvement. Global, parce que ce mouvement globalise à l’échelle du pays, il dissout les différences et les coutumes locales, il amplifie de manière intense l’ampleur de la mode. Le costume local avait une signification d’appartenance (à un territoire, à un statut…), globalisé il devient le jouet de vagues mimétiques sans cesse recommencées, imposées d’ailleurs.

Mais il n’en reste pas moins que le costume, global ou local, est, pourrait-on dire, le théâtre des talents des lingères en local et des couturiers (qu’on va dire grands) au niveau global. L’exposition montre la multiplicité de ces talents, la création de nouvelles silhouettes, la mise en valeur des tissus, des broderies et dentelles...

5 21 Robe francaise

Un partenaire

Mettre en œuvre un tel projet nécessitait de trouver un musée partenaire qui s’y associait pleinement. Le Musée des Cordeliers de Saint-Jean d’Angély a été attentif à notre réflexion dès le départ, a accepté d’accueillir l’exposition durant presque un an, et de participer à l’édition du livre qui la prolonge.

Labellisé Musée de France, le musée est installé dans un bel écrin de la fin du XIXe siècle entièrement rénové, qui offre des espaces muséographiques modernes et accueillants. Fruit de l’héritage de la Société locale d’archéologie et des acquisitions réalisées par la Ville de Saint-Jean-d’Angély, il réunit sur 1300 m2 de surface d’exposition des collections particulièrement éclectiques, témoins d’histoires multiples.

Vous pouvez télécharger le flyer de présentation du livre et de l’exposition pdfici312.71 Ko.


Le projet

Des costumes pour lire le monde articule donc une exposition et un livre. Ce dernier fait office de catalogue, mais se veut autonome. Il aborde des thématiques qui ne sont pas traitées dans l’exposition, et présente des costumes qu’on ne retrouve pas dans l’espace d’exposition. De même, certains costumes exposés ne sont pas repris dans le livre, de façon à ce que la synergie soit la meilleure possible.
Il a fallu environ quatre ans à l’équipe de Parole & Patrimoine pour mener à bien ce projet : choix des costumes, organisation du parcours de l’exposition, synoptique du livre, choix des visuels, écriture des textes du livre et des panneaux de présentation, prises de vues, tournage et réalisations des vidéos, mannequinage, etc.

Le parcours

Le parcours du visiteur suit globalement la chronologie. Il est organisé en modules. Chacun est introduit par des panneaux avec des gravures d’époque de costumes et en taille réelle. Voici la liste des modules :

• Les ruptures d’un monde, fin XVIIIe siècle : Avant la Révolution, c’est le roi et la Cour à Versailles qui font la mode. Les princesses disposent parfois de plus de cent robes d’apparat, tandis que dans les villages les costumes de sortie durent parfois toute une vie.

• Les femmes, corps libéré, corps capturé, 1800 – 1840 : Sous Napoléon, la mode est comme l’Empire, au coeur de la puissance affirmée de la France. Après la libération révolutionnaire, le corps des femmes est contraint à nouveau par le corset. En province, tout le monde désire maintenant devenir l’égal des puissants, mais la bourgeoisie dispose de plus de moyens que la paysannerie.

• Les hommes, du dandy au notable, 1800 – 1840 : Les aristocrates du XVIIIe siècle disposaient de costumes polychromes et somptueux, les bourgeois du XIXe sont vêtus de couleur sombre ou noire. Dans les villages, on a gagné un peu en aisance, mais pas au point de changer fréquemment de costume.

• Crinolines, cages, bourrelets, 1840 – 1870 : La robe à crinoline, grand succès du Second Empire, contraint fortement le corps, elle est incommode à porter, mais elle fait de la femme une sorte d’idole éblouissante. Les femmes des villages, de plus en plus fascinées par la mode globale, vont en faire une copie non conforme, réduite, pour faire semblant.

• La vie plus vite, 1870 – 1915 : Avec la révolution industrielle, le profit est érigé en valeur première, il faut par conséquent renouveler les achats, et donc renouveler les tendances de la mode au plus vite, tous les deux ou trois ans, en affirmant comme vérité absolue ce qui hier encore était sans valeur. Le succès des maisons de couture libère les talents des créateurs de mode.

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Les animations

En partenariat avec Parole & Patrimoine, le Musée des Cordeliers propose plusieurs temps d’animations au long de l’exposition.

Contact : Musée des Cordeliers, 9, rue Regnaud 17400 Saint-Jean-d’Angély, Tél. 05 46 25 09 72, Courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Exposition du 14 octobre 2022 au 17 septembre 2023

Vernissage le 14 octobre 2022 à 18:00

Conférence avec visuels organisée par l’Association pour le Développement et l’Animation du Musée (Adam) et présentée par Rémy Prin, le 15 novembre 2022 à 20:30

À Cinévals Film « Marie-Antoinette » de Sofia Coppola, 2006, 123 min., commenté par la journaliste et critique Véronique Le Bris, le 2 février 2023 à 20:30.

Du 31 mars au 2 avril 2023, à l’occasion des Journées Européennes des Métiers d’Art : présentation de costumes par Annick Georgeon, démonstrations de dentelle aux fuseaux et de broderies perlées à l’aiguille par Marie-Claire Lemaistre.

Le 13 mai 2023, à l’occasion de la Nuit Européenne des Musées : visites commentées de l’exposition par Annick Georgeon, Pierre Couprie et Marie-Claire Lemaistre.

À Cinévals Film « Emma » d'Autumn de Wilde, 2020, 124 min., commenté par la journaliste et critique Véronique Le Bris, Annick Georgeon et Rémy Prin, le 8 juin 2023 à 20:30.

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La scénographie

Pour chaque module, sont présentés des costumes entiers sur mannequins, mais aussi des éléments comme des vestes, des gilets, des châles et fichus, des jupes, des pièces d’estomac ou encore des accessoires comme des chapeaux. La salle d’exposition temporaire au rez de chaussée est entièrement réaménagée pour l’exposition. Celle-ci se poursuit dans les deux niveaux supérieurs du musée, où les pièces sont présentées au sein du mobilier des collections permanentes, créant ainsi une immersion des costumes dans un environnement qui leur est proche.

Tout au long du parcours une dizaine de panneaux d’interprétation avec visuels expliquent les évolutions période par période, et des cartels développés décrivent en détail certains des costumes présentés.

Sous le label Des dessus aux dessous, quatre séquences vidéo commentées permettent de montrer la totalité des éléments des costumes exemples : la tenue ordinaire d’une villageoise (1795-1800), le costume de voyage sur tournure (vers 1885), l’homme en costume de ville (vers 1900) et une robe de jour (vers 1910).

 On retrouve dans le livre Des costumes pour lire le monde le parcours chronologique de l’exposition, en mode approfondi avec de nombreux visuels, des descriptions détaillées et une écriture qui situe le rapport des costumes à la période considérée et aux principaux événements.

Mais un certain nombre de chapitres étoffent la réflexion et donnent cohérence au récit. Le chapitre Local, global, les figures de l’ici et de l’ailleurs, donne quelques exemples de globalisations antérieures à celle que nous vivons, et précise les enjeux : à partir des costumes se joue la manière de vivre et de penser le monde. S’habiller, le désir et la mode s’interroge sur les méandres cachés du désir, comment la mode se les approprie. Le Pouvoir, ou l’image désirable décrit l’évolution de la figure au centre des désirs, de l’idole au roi, puis à des pouvoirs plus disséminés, après que les idées des Lumières eurent travaillé la société. L’économie à l’oeuvre détaille la puissance industrielle et ses effets en cascade sur l’univers des costumes. Enfin, en conclusion, Le temps du patrimoine, questionne sur la nécessité de la mémoire culturelle et sur son efficacité.

Outre ce corps d’écriture, un certain nombre de focus thématiques détaillent certains aspects liés aux costumes : le pastel et l’indigo, les motifs des châles et des fichus, les décors des pièces d’estomac, les tabliers, les broderies et dentelles. Un glossaire des termes liés aux costumes, la bibliographie détaillée et un index complètent l’ouvrage.

Celui-ci est très largement illustré. Il présente de manière détaillée une cinquantaine de costumes, chacun sur deux pleines pages en vis-à-vis. Une bonne part de l’iconographie est inédite et provient de prises de vue réalisées spécifiquement. Elle est complétée par des gravures ou photos anciennes et quelques visuels du domaine public.

Trois auteurs ont participé à l’écriture. Annick Georgeon, qui possède la collection ayant servi de support principal au projet, a fourni les matériaux de base de l’écriture. Monique Prin s’est plus particulièrement chargée des présentations détaillées des costumes. Rémy, qui a déjà écrit une quinzaine d’ouvrages, s’est consacré à la mise en perspective de l’ensemble.

Des costumes pour lire le monde achève une trilogie que Parole & Patrimoine a consacrée au textile, après Ikats, tissus de vie, un voyage de l’Orient à l’Occident (2017) et Le Textile et l’Image (2021).

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 • Édition : Parole & Patrimoine • Parution : octobre 2022 • Format : 21 cm x 29,7 cm
248 pages, broché, couverture à rabats • 260 visuels
• Prix public : 39 € • ISBN : 978-2-9529905-6-1

• Vous pouvez télécharger gratuitement un extrait du livre pour vous faire une idée, pdfici1.52 Mo.

• Le livre est disponible :
    au Musée des Cordeliers
    dans la boutique des livres de Parole & Patrimoine
    sur certains sites de vente en ligne
    sur commande chez votre libraire.

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Pour vous donner envie de venir la visiter, ou pour vous en souvenir, voici deux diaporamas de l'exposition :

Un parcours partiel dans l'expo

Photos Monique et Rémy Prin

Robe négligée • Tenue de paysanne • Robe à la française
Fin XVIIIe siècle
Chapeaux à la grolle • Justaucorps • Vestes d'homme
Fin XVIIIe siècle
Robe imprimée • Robe à l'anglaise
1785 - 1795
Habit de Jacques Delille • Tenue de paysanne
Vers 1790
Accessoires
XVIIIe siècle
Pièces d'estomac • Tablier à bavette • Grande cape
XIXe siècle
Robe imprimée • Robe de fillette • Robe de cérémonie
1805 - 1840
Du dandy au notable
1800 - 1840
Costume de dandy • Mouchoirs de cou
1820 - 1840
Robe fuchsia pour le dîner • Ensemble pour garçon • Tenue de sortie d'un bourgeois • Robe de fillette
1850 - 1870
Robe à crinoline • Robe troussée • Robe de visite
1840 - 1865
Châle à motifs de plumes d'autruche
Vers 1860
Un couple de mariés en Saintonge
1850 - 1860
Robe de mariée ligne princesse • Robe à transformation • Robe à silhouette en S
1880 - 1905
Robe de jour et son manteau
Vers 1910
Élégant en toilette d'été • Robe du soir tubulaire
1900 - 1915

Des instants du vernissage

Le 14 octobre 2022, il y avait plus de 130 personnes au vernissage, toutes enthousiasmées... Quelques vues des différentes vagues de visites.

Photos Sylvie Jadeau

Monique Prin • Pierre Couprie
Avant le vernissage, le montage
Une partie des mannequins
Annick Georgeon • Rémy Prin • Cyril Chappet 1er adjont • Delphine Etchenique directrice du musée
Accueil des premiers visiteurs
Annick Georgeon montrant les lévites du XVIIIe siècle
Devant la robe troussée
Un groupe de visite devant la robe promenade et la robe à ligne princesse
Françoise Mesnard maire de St-Jean • Cyril Chappet 1er adjoint • Delphine Etchenique directrice du musée • Rémy Prin
De gauche à droite
L'allocution de Cyril Chappet
Marie-Claire Lemaistre • Annick Georgeon • Cyril Chappet • Delphine Etchenique qui intervient
Annick Georgeon et le costume de gentilhomme
Devant l'entrée de la période dandy
Françoise Mesnard et Rémy Prin devant la robe en S