Aghitou
Une pierre tombale
Ererouk
Restes de la façade
Kobayr
Visage du Christ de l'abside
Haghbat
Église St-Signe • Les donateurs, Sembat le roi et son frère Gourguen
Moro dzor
Chemin dans le village
Noradouz
Détail d'un khatchkar
Areni
Pierre tombale près de l'église
Gochavank
Tympan • Chapelle de l'Illuminateur
Bjni
L'église Saint-Serge
Sevan
L'église des Saints Apôtres et le lac
Noradouz
Le troupeau qui rentre au village
Geghard
Des femmes vendant leurs gâteaux
Edjmiadzin
Église Shoghakat • Détail de la façade ouest
Makaravank
Église principale • Motif polylobé
Yovhannavank
Église St-Jean-Baptiste • Le tympan, parabole des vierges
Erevan
Manuscrit au Matenadaran
Tegher
Croix sur les pierres de la façade
Gochavank
Le monastère vu du bas de la colline
Ketcharis
Le bac à bougies
Tatev
Motif sur le tambour de la coupole

Terre perdue
dans l'entre monde
peuple dispersé
comme jamais témoin
de notre devenir.


Terre précaire
depuis toujours
entre la résistance
et l'universel.

Arsen ce matin nous comble de bienfaits, conscient des lacunes du couchage: saucisses, pilaf de sarrasin, purée, fromage et surtout confiture de mûres. On se quitte, cette fois définitivement. "Envoyez des e-mails" lance-t-il, sans trop y croire. Le ciel est limpide.

Vers le nord, un moment, puis on s'enfonce à gauche dans une gorge, vers Noravank. Le "nouveau monastère" date en fait du XIIe siècle, selon l'historien Etienne Orbelian, il fut construit autour d'une église plus ancienne, d'où son nom. Cette famille Orbelian revient de Géorgie au début du XIIIe siècle, quand le pays est libéré de la domination Seldjoukide. Elle développe le monastère, qui devient le siège épiscopal de Siounie. La vie culturelle et religieuse s'y épanouit jusqu'en 1604, quand les rivalités entre les Turcs et les Perses mettent à sac l'Arménie, et que des déportations massives en Perse assèchent ici toute vie.

Les coupoles de Noravank
'...qui garde en elle absolument cette terre des pierres...'

Noravank a été restauré entièrement il y a quelques années. Ce sont des Arméniens de la diaspora, au Canada, qui ont financé cet important chantier. Comme pour bien d'autres lieux de mémoire de ce pays, ce sont ceux d'ailleurs qui perpétuent les symboles, les emblèmes. Étrange identité disséminée aux quatre coins du monde, qui garde en elle absolument cette terre des pierres, qu'il faudrait supporter sans la rejoindre, faire vivre sans y demeurer. Extrême enracinement des déracinés, culture en viatique dans la mobilité de ce temps. Je me dis, en avançant dans cette vallée sombre au matin, que peut-être les Arméniens, comme les Juifs et d'autres peuples qui errent sur la planète depuis des siècles, sont mieux préparés au temps qui vient, où les cultures devront s'écrire et se vivre sans cesse, îlots qui s'échangent et se nourrissent en réseaux, précaires, au bord du gouffre global.