Ererouk
Restes de la façade
Makaravank
Église principale • Motif polylobé
Tatev
Motif sur le tambour de la coupole
Areni
Pierre tombale près de l'église
Haghbat
Église St-Signe • Les donateurs, Sembat le roi et son frère Gourguen
Sevan
L'église des Saints Apôtres et le lac
Gochavank
Le monastère vu du bas de la colline
Aghitou
Une pierre tombale
Edjmiadzin
Église Shoghakat • Détail de la façade ouest
Ketcharis
Le bac à bougies
Bjni
L'église Saint-Serge
Kobayr
Visage du Christ de l'abside
Geghard
Des femmes vendant leurs gâteaux
Noradouz
Détail d'un khatchkar
Gochavank
Tympan • Chapelle de l'Illuminateur
Erevan
Manuscrit au Matenadaran
Noradouz
Le troupeau qui rentre au village
Moro dzor
Chemin dans le village
Yovhannavank
Église St-Jean-Baptiste • Le tympan, parabole des vierges
Tegher
Croix sur les pierres de la façade

Terre perdue
dans l'entre monde
peuple dispersé
comme jamais témoin
de notre devenir.


Terre précaire
depuis toujours
entre la résistance
et l'universel.

La ville à pied, c'est l'autre monde, les magasins modernes, ordinateurs et télés, salles climatisées.

Et deux pas plus loin, bâtiments vides, éventrés de tout leur bois - plafonds, portes, fenêtres - qu'on a sans doute récupérés pour le chauffage dans les hivers durs d'après l'indépendance, durant la guerre du Karabagh, quand on manquait d'énergie. Le choc des différences, quelques mètres entre l'hôtel de standing et la saleté, ceux qui mendient et ceux des Mercedes, comme souvent dans les métropoles du monde.

Un étal au marché d'Erevan
'...ces fruits saturés de sucre, des couleurs translucides...'

Le marché d'Erevan se tient dans une grande halle couverte. C'est le royaume des légumes, des fruits, des fruits surtout confits, séchés. Prunes, poires, abricots... qui reluisent. On nous propose aussi des mélanges mis en boule, de noix, de noisettes et de fruits confits - entre le bonbon et le gâteau nourrissant. Les empilements sur les étals sont ouvragés avec finesse: bariolage de ces fruits saturés de sucre, des couleurs translucides.

Il y a peu de touristes en ce début de matinée, et tous les marchands nous font goûter leurs produits, j'alterne les fruits confits et les fruits frais tranchés au couteau. Je me souviens de Sona nous rapportant un soir le proverbe arménien: "On fait le tour du marché et on a mangé", souvenir des périodes difficiles où se nourrir n'était pas simple. On décide de quelques emplettes, fruits bien sûr, miel, sarrasin, et du lavash, que les femmes de la campagne sont venues vendre ici et qu'elles présentent en petites piles soigneusement rangées.

Nous marchons vers le nord-est de la ville à pas lents, respirant l'ambiance sur de grands trottoirs que les passants remplissent peu à peu. On se croirait presque chez nous sur les grandes avenues d'Erevan - publicités, circulation dense, élégance des silhouettes - si ce n'était cette nonchalance particulière, une sorte de retenue devant cette modernité qui arrive et qui surprend sans doute encore.

Pause au café, sous les arbres, au croisement des avenues Machtots et Arami. Les cafés sont en plein air ici, ils occupent de vastes espaces de verdure au cœur de la ville. On peut y boire, y manger légèrement, jouir de confortables chaises, savourer l'ombre tranquille à midi ou la fraîcheur parmi les fontaines le soir. Les cafés d'Erevan sont un enchantement, le bonheur dans la ville, des clairières disponibles à tout moment pour la respiration, pour se mettre à l'écart.