Hinggi kombu, l'arbre à crânes, ikat chaîne
Kaliuda, Sumba, Indonésie
Détail d'une robe, ikat chaîne
Urgut, Ouzbékistan
Les églises du monastère
Noravank d'Amaghou (Arménie)
Voussure du portail
Foussais
Panneau de soie, ikat chaîne
Boukhara, Ouzbékistan
Détail d'un khatchkar
Gochavank (Arménie)
Bestiaire au portail sud
Aulnay
Visage
San Juan de la Pena (Aragon, Espagne)
Tissu de flammé, ikat trame
Charentes, France
Saintongeoise
Détail de la coiffe
Fresques de l'abside
Kobayr (Arménie)
Il n'y a jamais...
Poème (Rémy Prin)
Détail d'un sarong, ikat chaîne
Sikka, Flores, Indonésie
Carré du marais
St-Hilaire la Palud
Pua kumbu, ikat chaîne
Iban, Sarawak, Malaisie
Coiffe de deuil
Mazières sur Béronne
Motif à l'araignée, ikat trame
Okinawa, Japon
Nous tentons...
Poème (Rémy Prin)

Ce qui a duré
dans la mémoire des hommes,
ce qui fait culture,
paysages de la terre
ou pays de l'esprit,
ce qui peuple le voyage,
les vies, la plénitude,
le patrimoine, ce n'est rien
que ce lien fragile
de ce que nous sommes
à ce que nous devenons.

La mémoire des pierres

Comment savoir ce qui fait la mémoire des pierres ?

Nous allons d’une pièce à l’autre, entre poussière et découverte, la porte au Nord a son arc de granit, et le mur très épais avec les ans s’est courbé largement. Poutres noircies, là ce qui était l’écurie, et là le pressoir à pommes, nous touchons les objets laissés dans leur gangue du passé, nous touchons la pellicule frêle d’humanité, hommes et femmes en allés, ce décor dans la pénombre qu’ils ont laissé. La porte grince, la porte a le bois rongé par l’humide, on va, on cherche à deviner l’empan des vies passées.

Au sol, les vieux carreaux dépareillés, au mur les années dans la peinture superposées, et plus loin marquant l’espace, l’ossature d’une armoire massive, où ceux d’antan avaient gravé quelques motifs de décor. On va, on cherche entre l’émerveillement et la désespérance, ce qui a fait la trame des douleurs, des instants, des labeurs…

La maison s’offre, c’est comme une femme aimée dont on sait vite l’inépuisable du mystère. La pierre comme l’humain résiste au temps comme aux regards. On marche de la remise au hangar, on voit le jardin, l’ombre du très vieux prunier, le lilas et le noyer, plus bas. On ne cherche rien que l’à peine perceptible balancement des êtres qui furent là, que des signes d’eux, précaires peut-être, peut-être imaginés, mais qui soudain ouvriraient le mutisme du temps.

 

Écriture en mai 2021

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