On va dans ce village, c’est encore, en ces temps, comme une expédition, voir les cousins. Qui ont aidé mes parents pendant la guerre, le lait, le beurre, toute la ferme à portée de moto.
C’est dans la petite église aux murs fissurés par les siècles, aux murs blanchis tant de fois par la chaux, et qui sommeille maintenant – l’église elle-même est un visage vieilli, comme blanchi des siècles, l’église est ridée de toutes les paroles versées en elle.
C’est un édifice très ancien blessé par le feu et qu’on a reconstruit par des milliers de mains, pour en révéler de nouveau la grandeur.
Il crachine ce matin-là sur la Loire, le vent d’océan fait germer les rides d’eau sur la surface du fleuve.
Certains lieux sont plus vivants que d’autres, les lieux sont un peu comme les humains, variés, exprimant avec plus ou moins d’intensité le génie justement des humains qui les ont fait naître.
Pluie d’hiver, tout le jour. La pluie fait le gris sur le monde, je vois au loin le rideau d’arbres qu’elle efface presque.