Le ciel est clair sur la photo, entre le bleu et le blanc, c’est un jour de février délavé par l’hiver.
On va dans ce village, c’est encore, en ces temps, comme une expédition, voir les cousins. Qui ont aidé mes parents pendant la guerre, le lait, le beurre, toute la ferme à portée de moto.
C’est dans la petite église aux murs fissurés par les siècles, aux murs blanchis tant de fois par la chaux, et qui sommeille maintenant – l’église elle-même est un visage vieilli, comme blanchi des siècles, l’église est ridée de toutes les paroles versées en elle.
Elle dit : “ J’ai du courage... ”, elle traverse la cour, “ Oui, j’ai du courage ”, elle vient d’apprendre que son mari est mort.
C’est une bribe très lointaine dans la mémoire, qu’on a sauvée sans le savoir du grand recouvrement du temps.
Dans le mystère du visage, il y a les courbes bien sûr, comment les traits sont venus au monde, comment cela s’est arrondi, les angles de soi-même.