Vous êtes dans un pré, sur la terre
près de vous l’on s’affaire
C’est dans la petite église aux murs fissurés par les siècles, aux murs blanchis tant de fois par la chaux, et qui sommeille maintenant – l’église elle-même est un visage vieilli, comme blanchi des siècles, l’église est ridée de toutes les paroles versées en elle.
Elle dit : “ J’ai du courage... ”, elle traverse la cour, “ Oui, j’ai du courage ”, elle vient d’apprendre que son mari est mort.
Le matin quand je m’éveille en ces temps du solstice,
C’est une bribe très lointaine dans la mémoire, qu’on a sauvée sans le savoir du grand recouvrement du temps.
Hier, c’est 1988, nous passons quelques jours chez des amis, dont la maison d’été dialogue avec les arbres, aux premières hauteurs de Berkeley.
Dans le mystère du visage, il y a les courbes bien sûr, comment les traits sont venus au monde, comment cela s’est arrondi, les angles de soi-même.
On entend le vent
quand on marche dans le printemps,
À Pakxong, nous prenons le petit déjeuner dans le resto d’en face, sorte de grand hangar ouvert sur la route.
C’est une tisserande en Australie qui m’a décrit ce village où les gens tissent encore de l’ikat, loin de tout, loin des centres touristiques.
Nous sommes partis tôt ce matin, dès huit heures, pour la boucle touristique du plateau des Boloven, répertorié dans tous les guides – le beauté des cascades, l’intérêt des villages, l’authenticité…
Quelques dizaines de kilomètres depuis Paksé, la grande ville du sud Laos. On longe longtemps le Mékong, le fleuve vital, l’artère vivifiante de cette région de l’Asie.
La pluie fait un refuge, elle maintient les distances,
la pluie protège
Les mouvements des hommes
depuis si longtemps
qui s’échangent ce qu’ils font, ce qu’ils disent
Quand on pénètre dans la salle du Museo Civico où se trouve cette fresque, c’est une sorte de stupeur dans le corps d’abord.